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KAWAH-IJEN JAVA
PURA MELANTING
PEMUTERAN - PURA MELANTING
TIRTA SARI BUNGALOWS&SPA
TIRTA SARI
ON THE ROAD










Travel over the News


         Prenant toujours des notes, inscrivant parfois juste quelques mots qui réfléchissent l'instant à ne pas oublier, soucieuse qu'ils reflètent fidèlement ma pensée et l'étrangeté des idées qui m'habitent parfois, j'avais écrit ce jour-là, Dolphin... You fine.


         La visite aux dauphins s'était achevée dans l'aube. Sous le soleil naissant le bateau avait pris la direction de Menjangan island afin, qu'avant de quitter Pémutéran, nous puissions saluer encore une fois Némo lors d'une plongée en snorkeling. Nous avions accosté sur l'île lorsque la lumière, en un éclair, s'était assombrie. On aurait dit que le jour déclinait. À l'abri, entassés sous un porche abandonné, nous avions regardé les nuages foudroyer le silence qui s'effondrait à nos pieds. À travers un rideau de pluie, je regardais le corps de mon fils grelotter sous une serviette qui épongeait l'orage, portant à mille lieux l'hiver. L'hiver, réduit à un lointain débat de laine. Mon fils s'émerveillait du chaos passager qui claquait les eaux. Des eaux, tantôt lations, tantôt dacieuses, du firmament à l'océan, tant d'eau muant le paysage en une inquiétante étendue qui frayait un passage vers le spectre timide d'un frisson.

         Rentrés de Menjangan, je me suis rendue dans une boutique repérée la veille à quelques pas de l'hôtel Tirta Sari. J'ai acheté des statuettes, des gueules de bois parfois en terre, cuite. Et puis je suis rentrée boire une Bintang, bière locale dont le nom signifie "étoile". J'en avais plein les yeux.



         La magie, c'est merveilleux, c'est fascinant, étonnant, extraordinaire, fantastique, c'est même prodigieux. Les antonymes du mot magique sont , banal, laborieux, ordinaire, normal, pénible et ... scientifique. Je travaille dans un laboratoire de recherche, scientifique. Cela résume bien pourquoi, après avoir chaque jour sauté d'un bouchon à l'autre pour m'y rendre, toute magie, par un explicable tour de passe-passe, achève sa prestidigitatrice disparition de ma vie pendant au moins 8 heures. Du coup, s'adonner à des choses telles que pénétrer dans l'espace détente du FM7 de Jakarta a ce pouvoir de faire disparaître, telle une baguette magique, l'hirsussité de mes cheveux, la blêmeur de mon teint, les poches de mes yeux, la lourdeur de mes jambes, les dix années acquises en une nuit, toutes les preuves d'un long voyage en classe éco et celles de l'épreuve des longueurs inter-sidérantes d'embouteillages accumulées en une année. De circulation dense en destination de vacances, de sciences et péages en séances de massage, de bol de caféine en bassins de piscine, la magie était de retour.

La vie avalait lentement un temps arrosé d'un crachin brumisant qui s'unissait à la rosée du matin. Nous avions enfilé nos ponchos pour parcourir en scooter une petite route qui fendait une forêt de bananiers jusqu'à l'océan. À sa fin se nichait un village de pêcheurs, un temple gardé par une immense statue athlétique comme un Cro-Magnon au visage de démon et un élevage de poules.
Des centaines de poules entassées déprimaient dans un paysage grandiose qu'elles ne fouleraient jamais de leurs pattes et cela en rompait le charme. Parfois, traversant le décor, une poule, toute seule. Une poule libre d'une liberté qu'elles ne connaîtraient jamais. Elles m'ont rappelé une dame, folle , vue dans un lieu reculé de Bali. Elle était enchainée, parce que les malades mentaux, à Bali, sont enchaînés. Assise dans le noir j'avais quand même pu la voir au fond d'une taule en tôle. Les yeux dans le divague, elle était tellement misérable qu'elle irait surement mieux lorsqu'elle serait morte.

Je l'avais regardée avec un mélange de pitié et d'impuissance, mais vite. Vite partir, parce que c'était insoutenable. Parce que notre paradis s'était reflété dans son enfer. Et, parce que je savais la fragilité du bonheur. Nous avions les deux pieds dedans, les siens étaient enchainés. Alors, ne pas s'attarder trop longtemps au risque de creuser la tombe de notre bonheur et de la candeur du regard que l'on posait sur les paysages Balinais. Ne pas s'attarder sur cette inhumanité que je ne savais pas comment changer. J'avais eu envie de croire en un mirage, en la magie de Bali troublée par le filtre d'une illusion fugace. Mais ce fut une désillusion tenace.

Après, je suis allé ouvrir les yeux ailleurs pour les fermer sur tout ce qui mitraille le coeur. Je suis allé regarder l'océan, sa beauté et ses mensonges. Dans chaque lame de fond s'est sublimée la liberté et parfois, tels des dauphins surgis des profondeurs jusqu'aux ondulations de la surface je voyais remonter des contradictions et la noirceur de quelques cruautés dans un espace où le vent retenait son souffle.

Petit-déjeuner. Il n'y avait pas grand choix. Alors j'ai mangé 100 000 roupies de fruits. Je m'étais levée avec une de ces étranges et ternes idées. Pourquoi prenais-je des notes sur ce voyage, sur notre bonheur, sur la beauté de cette île, pourquoi? Pour les faire lire un jour à des personnes qui ne verraient jamais ce groupement d'Édens flottants et incertains qu'est l'Indonésie? Pour agiter sous le nez de qui passe, avec photos postées sur Facebook déguisées en couteau qui remue dans la plaie béante de l'envie, un bonheur dont le plus grand nombre ne se délecterait jamais? Je me suis fait l'effet d'une poule libre qui défiait le regard d'un élevage en cage. La mauvaise humeur m'avait soufflé que: "Hé! Mais vous n'êtes pas enchainés! Qu'est-ce qui vous empêche de vous envoler?! Cette femme, déchaînée mais avec des chaînes aux pieds, faudrait bien qu'un jour je l'oublie.

Ce bruit de fleuve. Mais c'est le ciel.
Vigilance orage. De l'eau, beaucoup d'eau, déversée par un plafond d'épais nuages, elle s'effondrait en cascade. Nous sommes restés à l'hôtel, alors j'ai écrit. Finalement j'écrivais sans cesse. J'écrivais même quand cela ne se voyait pas. J'écrivais à tous les temps, par tous les temps, tout le temps. Même prendre des photos ou filmer revenait à écrire des notes. Après il suffisait de les regarder pour relire ces notes et décrire.

Comme la pluie n'avait de cesse mais qu'il faisait très chaud, nous sommes allés nous baigner dans le bassin de l'hôtel. De piscines en océans nous nous seront immergés dans les plus limpides gammes de bleu.
Celle du Chedi Club d'Ubud, magnifiée par ses 3 éléphontaines, garde ma préférence. L'une des statues, est à l'origine de notre découverte du Chedi. Je la sculptais du regard. Lorsque je la regardais, elle s'animait et ses gestes bienveillants s'assortissaient à la douceur de son regard. Et l'eau, au contact de ma peau est une caresse, un salut, une bienvenue, un "hello" ;) et l'eau j'aillissait des 3 éléphontaines à température légèrement inférieure à celle du bassin. Lorsque l'on s'asseyait sous un jet puis que l'on se plongeait dans la piscine, cette infime mais conséquente variation de chaleur provoquait un état de détente façon spa nordique même si l'écart n'était pas aussi extrême. À notre retour à Ubud, j'allais nous offrir encore une fois LE Chedi Club et l'eau de sa piscine à température corporelle filtrée par son trio de majestueuses éléphontaines.



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Bali snorkeling




LA SAUVAGE ZONE

Bientôt dans les cent ciels

Préférant dealer avec la nature qu'avec les humains, elle a tout quitté pour vivre sur Gili Meno, un îlot d'indonésie à la faveur des volcans. Pour échapper aux séismes et aux tsunamis, une cabane dans un cocotier. Les oiseaux sont sa musique, et danse, sa sauvage zone.

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